4 août 2014

Sans Chlore ni fioriture



Nous avons tous durant notre enfance eu des expressions éphémères du genre "Han j'tai cassé" ou encore "J'vais t'marave". De générations en générations, elles vont et viennent au gré des modes de l'époque et des influences auxquelles sont exposées nos chères têtes blondes. En l'occurrence, je me souviens qu'aux environs de ma période collège, une expression était particulièrement en vogue : "Roh le fish !", ce qui voulait signifier "Roh le vent !", c'est à dire "Roh comme tu viens de te faire casser !", soit pour ceux qui ne comprendraient toujours pas "Et ben l'ami, tu ferais mieux de fermer ton clapet parce que clairement, ce que tu viens de dire n'a plus lieu d'être considéré comme une parole décente". Qui eût cru que 10 ans plus tard, un album porterait le nom de cette expression fort incongrue.

Et très clairement, je pense qu'il est légitime de parler ici de bonne grosse claque tant la puissance, la maîtrise et la contagion du groove sont impressionnantes. Ce grOOve qui vous fait vous surprendre à tapoter de toutes vos extrémités tentaculaires sur votre bureau alors que vous étiez gentiment en train de lire le journal ; qui vous fait secouer la tête comme un chien à l'arrière d'une deux-chevaux ; qui vous déverse des mètres cubes de fourmis dans les jambes et les bras ainsi que toute autre partie du corps capable de s'agiter.

Un grand merci à la batterie, dont la pertinence des riffs, la justesse rythmique et l'épuration technique sont des modèles du genre.
Une ovation à la basse, dont la symbiose avec la batterie constitue une assise en béton armé aux fondations indéboulonnables.
Coup de chapeau au flûtiste, dont les parties rappellent les meilleurs moments de Jethro Tull, Focus ou plus récemment Wolfmother.
Une salve d'applaudissements pour ces claviers vintages, qui évoquent inévitablement le cultissime groupe des Headhunters.
Enfin, révérences multiples aux divers invités qui viennent placer leur rhyme et accompagner cette délicieuse poiscaille avec un hip hop des meilleurs crus.

Bref, un grand album, pour un très grand groupe, pour de la très très grande musique. Garçon, le dessert attendra : resservez-moi de ce fameux plat.

26 juillet 2014

Explosions auditives #2


2ème épisode de ces boums estivaux. De l'electro-funk en voici en voilà.
Pour sauter partout dans la maison. A la plage. A la montagne. Dans la voiture. Chez le coiffeur.
Pour secouer la tête jusqu'à choper un torticolis, un mal de crâne, voire une tendinite du muscle sterno-thyroïdien.
Pour agiter ses bras tel un Slender man sous MDMA.

Pour un peu tout et n'importe quoi, tant que ça bouge.

10 juin 2013

Explosions auditives









Puisqu'il paraît que l'été 2013 sera pourri ;
     Puisque comme le disait déjà nos grands-mères, il n'y a plus de saisons ;
          Puisque avoir la pêche compte pour un des 5 fruits & légumes par jour ;
      Puisque sautiller partout fait faire du sport ;
Puisqu'un Homme heureux en vaut deux ;

Voici quelques injections musicales qui ne pourront qu'égayer votre journée. Que ce soit des classiques incontournables bien connus de tous, des découvertes hasardeuses vidéoludiques ou tout simplement le fruit des conseils d'un ami, tout est bon dans le grosson.

9 mai 2013

Mahjong !


Rovo - Land



Écouter une chanson et se dire, au bout d'une soixantaine de secondes, allez, on s'y remet.

S'il n'y avait pas de musique, il n'y aurait pas de musique.

C'est formidable la place que ça occupe. Tout l'espace change. Tout le rapport qu'on a au monde, bascule.

Vers la troisième minute, les frissons commencent à arriver, par derrière.

Comme un bon petit déjeuner, après une grasse matinée bien méritée. Sucré.

C'est formidable la manière dont ça nous rentre en dedans, nous suit quand on bouge, nous revient quand on oublie.

Ça accélère, ça ralentit, ça plane.

Danser avec un sourire aux lèvres, comme un bon petit yoga après un moment d'égarement.

Ces gens là sont de loin. C'est une autre esthétique. Avec plus de paillettes. Plus de sérénité.

C'est formidable ces grandes nappes tachetées qui éclosent.

Et en plus ça continue, ça continue.

Prendre le temps de milliards de respirations.

Les yeux ouverts, les yeux fermés, les bras en l'air, les bras reposés.

Réussir parfois à suivre l’énergie, et parfois pas ; la laisser alors glisser au dessus.

Ça regorge de fuites et d'horizons entre-aperçus.

C'est formidable comme vers la vingtième minute tout devient clair.

S'étirer gracieusement.

Rien à demander de plus.

C'est formidable.

27 avril 2013

Quotidien vacant


Autant le dire tout de suite, l'entrée dans le monde inoccupé des deux israéliens ne laisse pas indifférent.

Atmosphère pesante, 
                                mélodie au poil,
                                                        cadence envoûtante...

La vie de tous les jours prend ici une toute autre dimension, bien plus lyrique et mélodique.

Le tem po  ra  len  tit. Le   tem      ps      au        ssi.

Embourbés dans une masse sonore puissante et ennivrante, des effluves vocales nous parviennent ponctuellement. Une façon de nous rassurer, de nous porter au rythme des sonorités harmonieuses des guitares et des claviers électroniques (un peu à la manière d'un Tortoise).

Le reste du parcours est similaire : un fond sonore lent, vibrant, profond, accompagné de lignes mélodiques plus discrètes et légères, qui voltigent autour de ce corps musical inarrêtable.

On ferme les yeux et on se laisse porter doucement, délicatement, à travers cette interprétation musicale du quotidien, qui gagne en complexité au fur et à mesure des jours qui passent.

8 novembre 2012

Aujourd'hui, c'est acoustique

Il existe moult versions du blues. Le delta-blues, le chicago-blues, le blues-rock, le texas-blues, le country-blues, le classic-blues etc etc etc etc etc. Mais parmi tous ces types, il en existe un bien particulier et que j'affectionne tout particulièrement : 
le blues-acoustique.

Celui où l'instrumentation se résume à une simple guitare et parfois un piano ou un harmonica par-ci par-là.
Celui où le musicien ne se cache pas derrière un groupe et nous dévoile son âme.
Celui où la voix du chanteur peut prendre toute son ampleur.
Celui où les mots comptent autant que la musique.
Celui qui nous touche le plus.
Celui-là.

Voici donc une liste non-exhaustive de Bluesmen qui se sont lancés dans l'acoustique pour notre plus grand bonheur. Écartez-vos oreilles, asseyez-vous tranquillement dans votre fauteuil de velours et profitez de ces moments intimistes qui vous sont offerts.

27 octobre 2012

It's Been A Long Time...

10 Décembre 2007

Une page de l'histoire se tourne. 
Le plus grand groupe de tous les temps se reforme une dernière et unique fois pour rendre hommage à Ahmet Ertegun, fondateur de la compagnie d'édition de disques Atlantic Records.
L'O2 Arena est plein à craquer.
20 millions de fans se sont manifestés.
18 000 places ont été tirées au sort.
C'est une réussite monumentale. 
Les 3 musiciens devenus papis s'en sortent admirablement bien et retrouvent leur symbiose unique qui faisait la grande force de leurs concerts.
La critique est unanime. Le tour de force est réussi.
Led Zeppelin will never die.


18 Octobre 2012

Une page d'un magazine se tourne.
Une publicité apparaît.
C'est pour un "film".
Enfin...

Ils ont décidé de sortir le concert en CD, DVD et autres formats 2.0. Et la promotion de tout ça passe par des projections au cinéma un peu partout en France. Le concert désormais mythique va passer sur grand écran, pour nous, les 19 982 000 frustrés. Quelques réservations sur internet et jours interminables plus tard, on y est. Assis sur les fauteuils rouges, la salle se remplit. Ça discute, ça papote, rien de bien différent d'une séance de cinéma classique. Sauf que cette fois, pas de pubs avant, pas de "faux" écran noir. Tout s'éteint du premier coup. Les cœurs s'emballent, les respirations se coupent, les poils se dressent. Probablement l'écran noir le plus intense du "cinéma" (après celui de 2001 : L'Odyssée de l'espace bien entendu).
Good Times Bad Times pour commencer. J'ai lu qu'ils pensaient que les gens ne s'attendraient pas à ça comme première chanson. Pourtant, j'ai toujours su que ça serait ça. Même qu'avec les potes, quand on reprenait le répertoire de ces monstres, on débutait aussi par celle-là. En tout cas, ce à quoi je ne m'attendait pas, c'est ce flux d'émotions qui m'a traversé le corps. L'impression de vivre un truc historique, de les voir "pour de vrai". Pourtant, c'est pas comme si j'avais jamais regardé leurs concerts : Royal Albert Hall, Earl's Court, Madison Square Garden, Knebworth, tout y est passé. Et pas qu'une fois. Mais là, c'était en 2007, pas en 1970. Alors forcément, on se prend beaucoup plus au jeu. On sourit, on chante, on bat la mesure, on s'agite sur son siège comme un damné, on applaudit après chaque chanson (et on se sent un peu con, c'est vrai, d'applaudir dans un cinéma). C'est tout simplement épique.
Toute leur discographie est représentée. Ils se permettent même de jouer une chanson pour la première fois en live : For Your life, de l'avant-dernier album Presence. C'est rigolo parce qu'à part les fans, je ne pense pas que beaucoup de gens la connaissent. Trampled Under Foot, In My Time Of Dying, No Quarter, Ramble On, Misty Mountain Hop, Nobody's Fault But Mine... Tout y est je vous dis. Sans oublier évidemment leurs grands classiques : Black Dog, Dazed And Confused, Stairway To Heaven, Since I've Been Loving You, The Song Remains The Same... Et pour terminer, Kashmir. 
J'ai envie de parler de celle-là en particulier parce que c'est celle qui m'a le plus marqué de tout le concert film. C'est une chanson naturellement magistrale mais le fait qu'ils la jouent toujours aussi bien, le fait de l'écouter dans cette immense enceinte, le fait qu'elle ressuscite aussi magnifiquement font que ce dernier bout de concert était particulièrement magique. La voix de Plant, même si ce n'est plus la même, fait toujours autant d'effet et les claviers orientaux de Jones sont toujours aussi grandioses.
Après les deux rappels (enchaînés de manière un peu brute dans le montage), on exulte. Revisiter le plus grand groupe du monde n'est pas de tout repos. En tant que fan, j'achèterai le DVD c'est certain. Et je le chérirai comme les autres parce que ce concert était, notamment par son contexte, d'une qualité vraiment exceptionnelle. Je ne regrette qu'une chose : les cymbales de la batterie n'étaient pas les mêmes que celles utilisées par Bonham Père. Plus qu'un détail de batteur aigri, c'est un bout de groupe qui fait défaut à la prestation. Comment prétendre restituer la lourdeur du rock en remplaçant les Paiste lourdes et résonnantes de Bonzo par de simples Zildjian dont le son s'évanouit aussi rapidement qu'un petit LU dans un chocolat chaud ?! M'enfin, je dois probablement être le seul à m'en plaindre et puisque c'est le seul défaut, on s'y accommodera rapidement.

Maintenant, je pourrai dire à mes enfants :
"J'ai vu Led Zeppelin"

13 mai 2012

Fumée sur l'eau #2


Cette année encore, Tympon est allé voir là bas. Lac, Apéro, et Jazz.


Ça a commencé par un questionnement problématique. Une tentative de définir la musique, qui entraine longs débats internes externes, n’aboutissant qu'a des conclusions subjectives et interchangeables.

Par exemple, on peut penser que la musique est

Un agencement de structure, de forme, de montée, de descente.
Une retranscription des son du réel comme si l'on vivait milles vies en une chanson.
Une création artistique initiée par l'humain qui chemine dans l'obscurité.
Une étude harmonico mélodique de l'orchestre universel.
Une onde qui fait vibrer l'hydrogène de notre corps.
Un système avec ses règles et conventions qui prend sens grâce à notre ouïe.
Une porte qui grince par laquelle la vie émerge.
Un indéfinissable.
Un processus de définition irrationnel.
Un "ce qu'il reste une fois que l'on a tout enlevé"
Un bla-bla qui tend au silence
etc etc etc...

Ça ne nous aide pas beaucoup. Tout ça semble complexe.



Pour se sortir de l'impasse, on peut directement réfléchir aux moyens de montrer cette musique, de l'écrire, de l'approcher, de la jouer ou d'y jouer. Que cela soit pour des oreillistes tymponistes, ou pour ceux que l'on appelle communément musiciens. Parce que résoudre une de ces questions, c'est les résoudre toutes en même temps. Essayons de réfléchir.


C'est sûr, on peut simplement écouter. Allez là où il y a de la musique, du rock bonnard, de la bière au refrain, du chahut au break. Se contenter de chanter les lignes mélodiques, taper du pied en rythme, savourer une bonne partie des Funeral Party. Et dire fièrement, j'y étais.


On peut mettre des mots, une succession de notes prémâchées pour créer sans trop se fatiguer. Raconter. Les deux amis en blancs. Ils s'introduisent par des coups grattement de mains. Font un une-deux blind test. Bob, Joe, Led, du fait maison, du fait villa, de l'irlandais. Applaudissement. Un peu vieux, vieillis. Ridé mais bien conservé. Des lambeaux de jeunesse. De l'héroïsme pompeux. Cela serait mieux avec plus de fougue. Souvent trop tranquille, comme figé. C’était comme ça avant, ça l'est encore. Antiquité. Une démonstration de technique cérébrale et sensitive.
Pourquoi pas.


Ou alors on va du côté de l’énergie efficace, Ladell McLin, genre gros blues égocentrique qui balance mémé sur son rock in chaire et en os, jongleur et pas troubadour, danse devant la scène, dans nos gueule, vous aimez les riffs débordants de whisky et bien moi aussi, ça vaut ce que ça crache et pas beaucoup plus, mais ça crache beaucoup et même beaucoup plus, il attrape sa guitare, lance un regard sauvage nonchalant alors que sa camarade en botte cuivrée enroule les cris de ses rythmiques, tagadam tagadam, vas-y mon gars, balance tes rafales, un peu de décadence de nous fera pas de mal, rolala ces jeunes qui s'agitent pour un rien, un bordel cathartique, bam bam bam, y'a surement un peu de sex drugs and rock'nd'roll là dedans, vlam vlam vlam, soyons indolent jusqu'au larsen final, prenons autant de place que l'on peux, les notes sont super sexy quand elles se trémoussent, agitent leurs popotins bien modulés, et hop, un brasier en clôture, invincible arrosé et jouissif.

Mais peut être qu'il vaudrait mieux communiquer plus naturellement. Revenir à l'essentiel, sans en faire des tonnes. Comme si l'on était assis autour d'une table, à partager quelque chose d'intime.


C'est ce que fait Bla Bla King. Il a inventé le blues, il a joué le blues, maintenant il nous cause du blues. Comme si l'essence du blues était ces paroles légères, remplies de métaphysique au fil de l'eau, celles que l'on jette entre deux chansons alors qu'en fond il ne subsiste qu'un mince accompagnement. Il les a amplifiées, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que ces interstices, ces entres-rien. C'est le comble d'un musicien de blues, éprouver une telle mélancolie, que sa seule présence nous communique de l'apaisement. Ils sont pleins à être assis à ses côtés, à échanger des infusions ensemble. Nous aussi avons l’impression d’échanger quelque chose. En étant là au même endroit, espace-temps, carrelage plafond, à gauche de la scène, deux oreilles, deux yeux, deux mains, deux syllabes pour saisir la musique.


C'est un peu magique. Même si l'instrument est unique, il existe de multiple manière d'en jouer. A l'image de ce cher Robert, qui met les choses à plat, pour mieux les disséquer sur sa table d'opération. Avec une préférence pour le phunque, ce bel animal qui par le rythme de ses gestes comble la faible taille de ses nageoire, et la sôule, le poisson plat qui ne fait qu'un avec l'esprit de la terre. Comme quoi, on est assez libre finalement. On peut prendre le temps de développer son propre angle d'attaque, et l’affiner au fur et à mesure, jusqu'à saisir quelque chose d'auparavant insaisissable.


Comme le J. Blake, la coqueluche londonienne. Des gouttes d'eaux à la surface d'un vase qui s’apprête à déborder mais qui jamais ne se déverse. Petit battement de cœur inhumain, flux distendu, voie schizophrène juxtaposant majeure et mineure. C'est intéressant parce que c'est du nouveau. Une nouvelle valeur, une nouvelle vision. Il est encore un peu jeune cependant, et manque de maturité. Trop de différences péjoratives, entre le studio et la scène, où il apparait un peu perdu, pensant que l'on attends de lui qu'il chante langoureusement devant son piano. Comme si son originalité était pour l'instant trop dur à assumer, à tenir sur la longueur. Tout ça, cette performance pour laquelle des gens versent larmes et deniers,  prend du temps à se mettre en place.


Ce qu'il faut surement réussir à faire, c'est mélanger l’évidence naturelle avec une volonté d'aller en avant. Ainsi, devant le supafunkrock de Trombone Shorty, nous sommes tous debout  sur les chaises mortes et endormies, qui se changent pour l’occasion en trampolines branlants au gré des valses. Tous à taper des mains, chanter, se prendre dans les bras, crier encore encore, transpirations, sourires, envolées, encore, on aime ça, on ne sait pas trop pourquoi mais on aime ça, ça nous réveille, ça nous touche. Un tra-la-la hors du brouhaha.


Et très vite la magie recommence, dans des conditions extrêmes, sous la pluie, l'esprit explosé. De la musique tzigane, Ziveli Orchestar, ça vient de loin, c'est de la contre culture mainstream, bobo branché, folk qui nous sort de l’impérialisme occidental, alors cela fait du bien. Sur la scène extérieure, auprès de l'arbre géant, le monde s’agite. Il pleut fort maintenant, mais des gens sont torses nus et continuent de tanguer. Et puis le souffle s'arrête, et puis le souffle recommence. On est entraîné par les cuivres, par la forte voie féminine.  C'est une forme traditionnelle, un canevas reconnu, sans mise en danger, mais très fort en émotions libérées.



Le piano est un instrument noir sur blanc, quand  il est trituré avec talent, cela saute à la prunelle. C'est vrai que Tigran Hamasyan a une manière féline de jouer du piano. Un air d'Alladin. Avec lui, monsieur le génie percussionniste Triluk Gurtu., avec autant de tours dans son sac que Babel mise en poche. Les deux sont sur un bateau, un bateau fantastique, hors des normes habituels. Ils sont sur le bateau de Sinbad, et aucun des deux ne tombent à l'eau. Nous suivons leurs folles aventures, où à tout moment, trésors merveilleux, ou lourdes coulées de laves peuvent apparaître  Il y a quelques longueurs, il y a quelques raccourcis. Mais à moins d'être sensible au mal de mer, la traversée vaut le détour.


- A une centaine de mètre du centre névralgique, sur les bords de l'eau, se dresse un ponton, soutenue par de blancs piliers. On peut s'amuser à taper dessus, à l'aide de ses deux paumes. Et cela produit différents sons. On peut même taper en rythme, et à plusieurs. Et cela fait quelque chose qui ressemble vaguement à de la musique. C'est parfois aussi simple que ça. -




Nous pensions assister à un fabuleux concert. Nous pensions aimer le mélange de chœur et de cordes. Nous nous attendions à être un peu remués, portés par un élan popesque, qui aurait recalé l'ennui à une considération relativement mineure. Nous pensions ressentir la flamme, le brasier d'Arcade Fire. Et puis non. C'est tout plan plan cul cul. C'est trémoussements niais, bain moussant trop chimique. Mauvaise fois aveugle qui voudrait nous forcer à sauter de joie, alors qu'on désir seulement soupirer. Il parait que c'est à cause de la salle, ou que ce soir spécialement, ils n’étaient pas en forme. Peut-être. Mais depuis, déçu, leur CD a disparu de la bibliothèque du salon.


Miles Davis est mort. Erik Truffaz, lui, est encore bien là. Mais Miles Davis est mort. Alors Erik joue du post Miles Davis. Il superpose de larges et profondes flaques d'émotions, soufflant milles bougies à la suite. Des couches de sensations se succèdent. Surimpression. Simultanéité.



- La tête sous l'eau du lac, on entends plus rien. Presque plus rien. Le bruit des vagues, le fracas des rochers, sa respiration, sa chair. Un très beau concert, accessible à tous. Rafraichissant. -


Toute une mise en scène, costume décors atmosphère, puisqu'il ne s'agit d'un simple concert, mais de reproduire une œuvre. Alors c'est un moyen comme un autre de combler l'absence du génie enroué, Tom Waits. Aboiements, cris d'oiseux, maquillage, costume, instruments qui s'articulent, cacophonie grotesque et harmonieuse. Une folle tape sur une pelle en fourrure blanche. L'un avoue qu'il n'a jamais rien compris aux paroles, mais que les paroles l'ont comprise, lui. Coup d'accordéon. Théâtre musical.


Il y en a qui sont amoureux d'elle. Ils écoutent les yeux grands ouverts. Aveuglés. D'autre qui ne le sont pas. Ils écoutent simplement, et cela reste captivant.

- La musique du réveil, au matin. Elle est horrible. La musique de bus, ses grincements de frein, ses portes qui s'ouvrent et se referment. Trop absorbé par les vapeurs matinales, personne ne l'écoute. La musique pour patienter, avant chaque concert. Tout le monde s'en fiche. La musique des verres. Elle est enivrante. La musique du soir, dans le duvet ou sous la couette. Elle est apaisante. -


Tout en mouvement, en processus, en surgissement. C'est difficile à suivre, à apprécier. Des tremblements. De longues phrases sans mots ni ponctuations. Des rythmes dansants. Sans sens, mais fourmillant de direction légitime.



La bande son de la vie de Miles. Un souffle d'air dans le vide. Un génie cuivrée. Une caresse. L'esprit en avant, un peu de ruminances, pour l'hommage. Il y a une partie bla-bla improvisé, entre chaque récitation calquée sur l'originale. La tribu Jazz rassemblée. Les fantômes des anciens jazzmen qui viennent hanter le décor. Le vide à travers l'or des trompettes, l’ivoire du piano, la chair de la batterie. 


- Marcus Miller distingue deux choses dans l'éventail du musicien. La technique, et le feeling. Aussi, il est important d’écouter, de s'imprimer sans cesse de motifs, de son venus du monde extérieur, comme il est important de s'isoler, seul avec soi-même, pour mieux s'exprimer dans sa singularité.-



Comme un timbre à la poste, du post pop rock electro. La dépesanteur. Quatre musiciens qui répètent dépesanteur, qui le collent sur l'air ambiant, à l'aide d'artifices, d'effets translucides. Les chansons sont beaucoup trop courtes et digestes, pas le temps de se perdre que déjà la sortie. Seulement un peu de contemplation, de respiration. Vive l’évanouissement.


- Sur les terrasses extérieures, aux abords des scènes, nous sommes toujours surpris par la musique qui s'introduit dans nos oreilles. Ça n'est pas du Jazz, comme pourrait l'indiquer l'intitulé du festival. Ni du rock, ni de la pop. Mais de l'electro techno dub steppe. Incompréhensible catastrophe qui s'abat sur nous, cacophonie contemporaine, qui ne semble pas avoir sa place ici. C'est dommage. Cela nous rappelle que ce lieu est aussi espace de consommation bourgeoise, point de rendez vous pour branchés has-been, ramassis d'ignominie moderne. -



Pour clôturer le tout, un peu de hard rock. Deep purple, eux qui ont su mettre en musique la folie locale. Ils sont vieux mais ils tiennent encore le bon bout. Ce sont les seuls qui sachent faire résonner correctement leurs guitares, dans le grand auditorium principal. Eux qui savent aussi bien mettre le feu qu'en décrire les danses, celle de la flamme, et celle de la fumée. Ça n'a pas encore vieillit. Nul besoin d'être nostalgique ou momifié pour apprécier la chose.


On pourrait se dire, au bout d'un certain moment, d'un certain vécu, que ça n'a plus de sens de parler de musique en terme de groupe, d'artiste, d'auteur, de compositeur. Qu'il faudrait écrire à propos de la musique, sans fioriture aucune. Parler du mouvement, en avant ou en arrière, et des inconnus qui le précèdent et le suivent. Ne plus parler de musique comme l'on parlerait d'une marque de lessive. Ne garder que les mots justes, toutes les combinaison de dorémifasollasi. Ne garder que l'onde vibrante, l’équation qui convient. La réelle musique, la musique du réelle. On pourrait essayer. Ça ressemblerait à de la poésie. Une musique qui saisit parfois le langage, et non l'inverse. C'est une idée. Peut-être pas le meilleure, mais certainement une des plus difficiles. Il faudrait faire une étude. D'ici là, contentons nous de ce que nous avons. Lac, Apéro, et Jazz.

26 mars 2012

Clin de neige



Une jolie voix, ça donne toujours envie de sourire. Cette voix là habite au Canada, et s'appelle santé en allemand. Elle fait de la musique avec un monsieur d'or, un gentil monsieur au nez qui remonte. Ils jouent avec leurs pieds nus, leurs guitares et leurs clochettes. Ils chantent et ils sifflent. Un oreilliste aux aguets était là, un soir, lorsqu'ils jouaient et que le soleil se couchait. Ils voulaient jouer devant la vitre, avec le lac et le soleil couchant dans leur dos, parce que c'est de toutes les couleurs et que c'est plus joli que les projecteurs gélatinés. On leur a déplacé un tapis et leurs instruments, et ils ont chanté rien que pour nous. Toute la salle avait le même sourire, le sourire rare et plein d'amour des gens qui ont conscience d'un instant magique partagé. Il y avait même des petits enfants, qui avaient reçu des clochettes pour participer aussi. Et il y avait des bougies, pour éclairer un peu plus. Ça a duré le temps du bonheur, mais rien n'est infini. Quand tout s'est terminé, il a fallu un moment à chacun pour reprendre ses esprits. Tout le monde est parti, l'esprit ailleurs. Certains sont allés écouter d'autre musiques, certains sont rentrés rêver. Le lendemain, peu avant qu'ils n'aillent prendre leur oiseau transocéanique, je les ai remerciés. Seulement « merci ». Sincèrement. Tous deux ont souri humblement. Mais moi, je sais que chaque personne qui était ce soir là dans cette salle, face au coucher de soleil, chaque oreilliste anonyme a avoir partagé ce moment, a maintenant quelques souvenirs jolis qui se glissent parmi ses rêves.

22 décembre 2011

Zorya



Tomas Dvorak. Souvenez vous. Il revient avec son deuxième (vrai) album sous son pseudonyme Floex. Alors même si la forme change (ce n'est pas une BO de jeu vidéo), le fond reste intact. Des sons envoûtants mêlés les uns aux autres pour former un tout du plus bel effet mélodique. Le piano qui ouvre cette magnifique épopée apaise notre esprit pour le rendre plus vulnérable aux futurs effets qui vont se rajouter au fur et à mesure de la progression du morceau. Une formidable introduction qui plonge l'auditeur dans le monde de Zorya. Un monde qui ressemble à un brouillard épais mais douillet, flou mais réconfortant. Il suffit juste de se laisser faire par la musique pour en apprécier toute la qualité. On est porté par tous ces éclats sonores qui virevoltent à droite à gauche. Les espaces entre chaque morceau permettent de digérer ce qu'on vient d'entendre, de contempler le monde que l'ont vient de franchir. Et aussitôt, nous voilà repartis dans un nouvel univers. Très semblable au premier, avec toujours cette sensation de bien-être ensorcelant, mais qui possède néanmoins sa propre identité, évitant ainsi un éventuel sentiment de lassitude qui pourrait gâcher tout ce beau spectacle. Des créatures humaines viennent même parfois prêter leurs voix à ce fantastique orchestre.
 

10 décembre 2011

Nouvelle tentative de noisissure

NOISE

Substantif féminin.                                                 C'est de la musique, c'est une musique.

Peut-être que ça vient du latin nausea, mal de mer, envie de vomir.
Parfois nous avons la nausée
il faudrait se sortir de cela
s'y confronter entièrement
et le dépasser à toute vitesse
Et puis en provençal, chagrin, affliction, ennui.
Parfois nous nous ennuyons
molle réalité sans enjeu
alors l'ivresse sonore
c'est de la vie servie sur un plateau
Ce qui donne en français, querelle, bruit, tumulte, tapage, dispute
Une dispute en musique
du bruit pour couvrir le bruit
du tapage dans les neurones
c'est l'harmonie qui nous tend le poing

Alors on dit,
Chercher (des) noise(s) à quelqu'un (à propos de quelque chose). Chercher querelle à quelqu'un. Quereller.

Comme on pourrait dire,
Chercher noise aux conservateurs réactionnaires vieux cons classiques.
Chercher des noises aux âmes sensibles effrayés par la puissance du monde.
A propos des limites du réel, des freins létaux, de ce qui nous retient prisonnier.
Chercher querelle à soi même, ennuyant ennuyeux ennuyé.
Quereller tout ce qui est là, pour accueillir l’ailleurs.

Et il y en a qui disent,
Hardi, querelleur, cherchant noise; c'est un drôle qui n'a pas peur, tout prêt à faire feu sur les bleus (Courier, Pamphlets politique, 1819 )

Parce que le chercheur de noise est un querelleur. En avant, il canarde ses jugements, ses sensations, son équilibre. Il tombe, il meurt, il s’autodétruit.

C'est moins tapageur, moins élégant, moins beau, Mais non moins agaçant; Ce grand chercheur de noise se présente aujourd'hui d'une façon bourgeoise
(Barbier, Satires, 1865)

Parce que c'est sur, c'est à la mode, la nouvelle bourgeoisie musicale, branché underground hipster bobo.

Et puis parfois c'est mauvais, ça cherche noise pour noisettes, ça susciter querelle pour un rien .

Mais quand ça parle, fort et là où il faut. Alors oui, et encore oui, et même non pour s'amuser.

Soyons querelleurs, soyons chercheurs de noise !

27 novembre 2011

Modernité



Ça fait 5 ans, me dit le disquaire du coin. 5 ans que ça recommence, que les monsieur lambda bêta et gamma sont rentrés dans le jeu. Ça fonctionne. Comme des petits pains. C'est bon les petits pains.

Personnellement, j'ai mis du temps à comprendre. Quelque jours avant l'illumination, je faisais encore une énième erreur. C'est que, pour que cela devienne une évidence, il faut pouvoir ressentir le résultat, entendre, voir, toucher. Et puis c'est dur à admettre, on voudrait faire l'autruche et continuer dans sa lancée, pour justifier ses centaines d'achats passés. Mais il faut s'y résoudre. Les Flaques, les 3 Mémés Pépés, nos zipouds, nos arc-en-ciels enfermés sur des tranches plastique qu'il faut observer au microscope laser, tout ça c'est de la gnognote. Tout ça c'est du Mickey enfermé dans sa baignoire. Has-been. Ringard. Laissons place au progrès, soyons absolument moderne.
 
VIVE LE VINYLE

Une galette sonore. Une tarte musicale. Une soucoupe bruyante extraterrestre, une succession miniature de montagne, de ravin, la chaine de l'Himalaya en panorama noir. Des toiles d'artistes qui se réjouissent de s'exposer sur votre bibliothèque, ou de danser sur votre platine.
Ca vous réchauffe un salon.
Il y a une face de plus que sur un CD, alors quand c'est finis, on retourne, et ça continue.
Avec un CD, y'a plus qu'à changer.
Il y en a plein dans les vides greniers ou nos propres greniers.
Hello, I Love You est mieux en accéléré
Après on ne peut plus s'en passer.
Ca fait mieux dans un grenier
VIVE LA MODERNITÉ
VIVE LE VINYLE
VIVE LA MACHINE A ÉCRIRE

22 novembre 2011

Un hiver à Jerusalem

" fais théâtre sans pièces. exhibe. les morceaux de la prose du monde"

J'partais voir une chic pièce de théâtre, sur la fragilité du vide et les beautés éphémères, d'un type bien, qui fait pas qu'dire, qui fait un peu aussi (François Tanguy). Puis, partie de la mise en scène quotidienne, j'suis tombée sur un ticket tout frais, un billet express pour une rencontre étonnante...

Vendredi 18 novembre. 19:30. Rennes.
« C'est pour Jerusalem?  Par ici. »
Une nana, pas bien plus grande que 3 pommes, s'incorporait, de tout son réel, de tout son ici, dans les images bien lointaines, d'un avant, d'un ailleurs. 
Elle, au milieu des rayons d'image, elle paraissait en être. Sa voix, pouvait être ici autant que là bas, en Israël...pendant exactement 56 minutes, le même temps que peut durer une de ces opération 
Jerusalem Plomb Durci, 
la voilà s'esclaffant, saisie de toute part par les contradictions interminables, d'une dictature émotionnelle...
« 6 millions, 6 millions d'enfants juifs sont morts dans les camps »; et chaque année, les plus jeunes célèbrent, la mort et la tristesse,sur cette terre que les anciens sont prêts à bouffer chaque matin pour la souffrir. -  enterrer les cadavres sous les cadavres pour faire place aux prochains.  cadavres.

Ils sont pas beaucoup, deux exactement. Lui – Xavier Klaine - Elle - Ruth Rosenthal. Eux - la WINTER FAMILY. Ils se voyagent pas mal, et s'invitent, dans les églises, les chapelles et les cryptes. C'est là, dans ces lieux aux acoustiques célestes, que commence la messe subversive... Du coup, c'était un peu normal, d'aller à leur concert un dimanche, dans notre église à nous, un bar à Bascule, où la musique hallucinée a déjà fait effondrer quelques murs. Le transport est violent, sucré, feutré...une invitation au voyage sensuel de nos corps en transe... peut être qu'il ne suffit pas de les écouter, mais c'est souvent le cas, sauf musique transgénique, pour comprendre. Enfin, évidemment, ce n'est pas un peut être, le théâtre ne s'écoute pas dans une oreillette, et la musique ne se regarde pas avec des boules quiés.




21 novembre 2011

Dans les Potagers #1

C'est à côté du marché, dans le quartier populaire en voix de gentrification. Il n'y a ni enseigne, ni terrasse officielle. Le linge de la voisine du dessus est pendu au balcon. Un drap blanc coloré de fleurs. Sur les murs du hall, des expos, photos, dessins, peintures, cela change au fil des mois. C'est bien aménagé. Un canapé de cuir marron, exactement deux chaises, et un fauteuil très confortable. Si l'on veut ramener un souvenir, des vinyles posés sur la table basse sont en vente. Il ne reste que peu de la production historique, pressés en faible nombre, ils s'épuisent vite. Il y a aussi le frigo, derrière le comptoir blanc, pour acheter du liquide. On peut y venir seul ou accompagné. Des gens sont là, pas des jambons mais de la chaire vivante. Ça parle musique, concert et dromadaire. Et puis il y a un bon Dj, pour occuper les oreilles avant le début des hostilités. L'heure de la première note est variable, mais quand le public est appelé à descendre, tout le monde s'engouffre dans les escaliers. Sans oublier de jeter son cadavre de verre dans les cadis prévus à cet effet, et de sortir son petit billet pour soutenir les camarades. Un écriteau sur la porte, vous serez mignons de ne pas fumer, merci. On en fait ce que l'on veux. Sur les murs de l'escalier des rats noirs sont dessinés. Et un chat, juste avant la porte d'entrée de la cave. Ce n'est pas très grand, aux concerts gratuits des grosses pointures c'est un peu serré.
Enfin, on y est. Oreilles ouvertes, ceintures libérées. Retour à la terre, en passant par la lune.
Écoutons.




THE BEST AMERICAN BAND!

J'ai toujours rêvé de voir un concert de rock punk dans une cave. Avec un son crépis qui part en miette, une musique qui selon tous les sens de la perception se désagrège, mais se reconstruit quelque part, dans la tête, le sexe, le nombril ou je ne sais où. Partout. L'impression que de la poussière s'envole des peaux du batteur. L'envie de sauter, non par convention sociale, mais par conséquence existentielle, du fait d'être lâché au milieu de cette sauvagerie rocailleuse. Le son juste assez trop fort, comme il faut. Ça tape sans relâche, sèchement, insuffle une énergie, un rythme de débauche. Le chant caverneux, façon homme préhistorique perdu dans les temps modernes. La guitare, au bout de son fil téléphonique, acerbe, cynique, violence là aussi induite par le simple fait d'être là. Un pierrier sec, qui chauffe, qui dégage. Aridité. Le batteur se change en lama, crache à la gueule du vide sa mauvaise bière multinationalisée. Puis redevient cheval des cavernes, au galop, taureaux des champs rocailleux. Un ours à la basse, en un coup de griffe ça te décapite. Ça mange du miel. La ruche est débordante, on en a plein les babines. Le miel que l'on vient d'avaler nous ressort par les oreilles, ça bourdonne, ça transpire, c'est tout cela que l'on entend, sucré, cristallin et grumeleux, c'est la manière dont ça jaillit, Pinocchio auteur d'une energie positive d'auto-destruction. Du larsen maitrisé, saupoudré dans l'ivresse, voilà ce qu'il y a. Voilà ce que c'est.


WOMAN


Ça commence par du bruit, ça finira par du bruit, et entre, nous avons deviné, du bruit aussi, beaucoup de bruit. Bruit invisible qui  dégénère, cancéreux. Y'en a qui s'occupent d'amener le schmilblick vers sa mort pendant que d'autres lui insuffle des nuées au cœurs. On entend le battement du rythme. Alors ca s'etend, ca vie, convenablement avec des excès suffisant, puis ça meurt. En moyenne, 5 secondes de durée de vie. Lent, lourd, ennuyant, chiant à l'impossible, puissant, vivant. C'est du post-truc, c'est du après, ce qui vient après, au suivant, les vieux chnoks sont morts de faim, trop pécunier, trop nombriliste, et maintenant c'est ça. On entend pas la voie, on entend que quelqu'un chante et que nous ne comprenons pas ce qui est dit, et que lui non plus. On en revient toujours à cette volonté de persécuter l'air ambient.

 "Sorry if it's too loud, but it's the only way we know to play"
 " Allright ! "

Un camarade dit que ça s’appelle du Swamp Noise. Avec les alligators qui rodent, les tête coupés, les guirlandes vaudou, le brouillard, le bruit de l'eau qui stagne. C'est surement ça. Un beau paysage américain.


13 novembre 2011

Just a lemon time...

Trois artistes.
                    Trois chansons.
                                             Trois styles.
                                                                 Un thème récurent : le thème du citron.
Je l'appelle comme ça parce qu'il faut bien lui donner un nom.
Les premiers s'inspirent du dernier. Les intermédiaires, on ne sait pas trop.
            Probablement.
                                  Bref. On s'en fout un peu en l'occurrence.

Just enjoy it.

1 août 2011

Jazz in Paris #3 - La revanche



Jamais un batteur n'aura autant attiré l'attention.
(et je ne dis pas ça parce que j'en suis un)

     Par son look déjà. Bien habillé, petit costard avec noeud papillon. Crâne à moitié rasé. Un coté avec des jolis motifs dessinés par la tondeuse. L'autre avec les cheveux rabattus et soigneusement plaqués. Une fine barbe qui parcourt sa mâchoire pour rejoindre sa (fine) moustache.
     Par son attitude. Tirage de langue. Mouvements secs de la tête pour accompagner les coups de baguette. Expressions faciales accompagnant la musique. 
     Par sa technique, même si à ce niveau ce n'est pas ça qui fera réellement la différence. Un jeu extrêmement puissant. Il frappait fort le bougre. On l'entendait bien (trop diront certains). Il a peut-être perdu sa baguette dès le début du concert, mais il n'a jamais perdu le rythme. Il en faisait parfois un poil trop, mais ce n'est certainement pas moi que ça gênera.
     Par son audace. Une chose est sûre : il n'avait pas peur de s'affirmer. C'est lui qui menait la troupe et assurait la structure de la musique (et pas simplement la structure rythmique). Sa façon de jouer et ses riffs extrêmement denses donnait un cachet très particulier aux différentes compositions.

Mais bien évidemment, ce n'est pas parce que je suis en train de louer le talent du batteur qu'il faut oublier les 2 autres membres du groupe (car c'est bel et bien un groupe, avec plusieurs personnes en son sein dont chacune à son importance). Le contrebassiste, et accessoirement "leader" (c'est lui qui parlait entre les chansons), avait des doigts hypnotiques qui parcouraient ces 4 cordes avec frénésie et précision. Le pianiste quant à lui se faisait plus discret mais contribuait fortement à l'ambiance qui se dégageait de chaque chanson. Pas de longues envolées noires et blanches mais surtout des accords bien plaqués et placés.

Bref, un des meilleurs concerts de Jazz qu'il m'ait été donné d'entendre cette année. Phronesis qu'ils s'appelaient. Un nom que je ne suis pas près d'oublier de si tôt (et encore moins avec leur album acheté 2 jours après...).

NB : ce qui est dit dans l'article ne correspond pas forcément à ce que vous entendrez. C'est là qu'est tout la différence entre un concert et un CD (on ne vous le répétera jamais assez).

23 juillet 2011

Fuck Funk Phoque

Funk
Nom masculin invariable
(argot américain signifiant "odeur désagréable")
~
Style de rock noir apparu vers 1970 (James Brown, Sly Stone, Stevie Wonder)



Je n'y connais pas grand chose en Funk.  Larousse non plus d'ailleurs... Je sais simplement que la founke (comme beaucoup disent malgré la définition laroussienne) doit faire bouger tous les membres du corps (cerveau compris). Quand on écoute (ou qu'on joue) du funk, on ne peut pas s'empêcher d'être excité, de se mouvoir de façon à ce que toute cette incroyable énergie musicale émerge de nous et aille contaminer les autres. C'est ça le funk pour moi : de l'énergie à n'en plus finir. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Dumpstaphunk en a un sacré stock.
Sheez Music donne parfaitement le ton et ne laisse pas une seconde à l'auditeur pour s'asseoir sur son siège et écouter le CD tranquillement. Lève Toi ! Bouge ! Sa reprise est également excellente. Comme Paper Chasing Britney, improbable instrumentale de 8 minutes et 31 secondes et qui arrive à nous captiver de bout en bout. 
     Comme Gasman Chronicles, où clavier, guitare, basses, batterie et voix s'entendent parfaitement pour donner un pur moment de groove comme on en écoute rarement.
             Comme Do Ya, plus classique, compacte et au rythme "saccadé", pour encore mieux nous faire bouger la tête.
                      Comme tout le reste de l'album finalement.
Alors avis à ceux qui s'ennuient, à ceux chez qui il pleut, à ceux qui veulent bouger comme jamais et à tous les autres, votre messie est arrivé.

26 juin 2011

Vibracordages



Parce que c'est un des instruments qui attire le plus de gens. Parce que la vibration des cordes produit des sensations magiques. Parce qu'il y a d'autres choses que ces imbéciles qui jouent les jeux interdits. Parce que certains hexacordistes nous font vibrer plus que quiconque. Parce que c'est la base du rock, l'accompagnement de la chanson, mais aussi un des plus beaux instruments du jazz et du flamenco. Parce qu'elle se décline en mille variétés du petit ukulélé aux objets étranges à trois manches. Parce que tout le monde aime la guitare.
Pour ça et pour mille autres raisons, je voulais parler de notre corps qui s'accorde dans ses vibrations aux cordes qui agitent l'air. Parce qu'on en a tous frôlé les cordes un jour.  Elle peut être électrique, elle peut être sèche, elle peut être amplifiée ou ne pas l'être. Plus que le saxophone, plus que le violon et même plus que la contrebasse, tous ont rêvé de pouvoir la prendre et, le plus simplement du monde, transmettre du rêve autour de soit. Car la simplicité de l'instrument nous fait parfois oublier l'infinité de ses subtilités. La guitare. Allant du vieil engin retrouvé dans le grenier du grand père, aux trois cordes restantes désaccordées à la gratte de rêve du magasin de musique du coin, en passant par les débris de fin de concert de celle de Pete Towshend des Qui. La guitare est un mythe, sans conteste l'instrument du siècle. Que l'on aime où que l'on méprise les effets des guitares électriques, que l'on préfère Georges Brassens ou Jimmy Hendrix, on ne peut pas passer à côté. Alors, par pur plaisir, tympon vous offre sa sélection de musiques sans autre point commun que cet instrument, unique, secondaire, principal ou discret. Pour vous en mettre plein les tympans et pour découvrir des nouvelles choses.