10 décembre 2011

Nouvelle tentative de noisissure

NOISE

Substantif féminin.                                                 C'est de la musique, c'est une musique.

Peut-être que ça vient du latin nausea, mal de mer, envie de vomir.
Parfois nous avons la nausée
il faudrait se sortir de cela
s'y confronter entièrement
et le dépasser à toute vitesse
Et puis en provençal, chagrin, affliction, ennui.
Parfois nous nous ennuyons
molle réalité sans enjeu
alors l'ivresse sonore
c'est de la vie servie sur un plateau
Ce qui donne en français, querelle, bruit, tumulte, tapage, dispute
Une dispute en musique
du bruit pour couvrir le bruit
du tapage dans les neurones
c'est l'harmonie qui nous tend le poing

Alors on dit,
Chercher (des) noise(s) à quelqu'un (à propos de quelque chose). Chercher querelle à quelqu'un. Quereller.

Comme on pourrait dire,
Chercher noise aux conservateurs réactionnaires vieux cons classiques.
Chercher des noises aux âmes sensibles effrayés par la puissance du monde.
A propos des limites du réel, des freins létaux, de ce qui nous retient prisonnier.
Chercher querelle à soi même, ennuyant ennuyeux ennuyé.
Quereller tout ce qui est là, pour accueillir l’ailleurs.

Et il y en a qui disent,
Hardi, querelleur, cherchant noise; c'est un drôle qui n'a pas peur, tout prêt à faire feu sur les bleus (Courier, Pamphlets politique, 1819 )

Parce que le chercheur de noise est un querelleur. En avant, il canarde ses jugements, ses sensations, son équilibre. Il tombe, il meurt, il s’autodétruit.

C'est moins tapageur, moins élégant, moins beau, Mais non moins agaçant; Ce grand chercheur de noise se présente aujourd'hui d'une façon bourgeoise
(Barbier, Satires, 1865)

Parce que c'est sur, c'est à la mode, la nouvelle bourgeoisie musicale, branché underground hipster bobo.

Et puis parfois c'est mauvais, ça cherche noise pour noisettes, ça susciter querelle pour un rien .

Mais quand ça parle, fort et là où il faut. Alors oui, et encore oui, et même non pour s'amuser.

Soyons querelleurs, soyons chercheurs de noise !

27 novembre 2011

Modernité



Ça fait 5 ans, me dit le disquaire du coin. 5 ans que ça recommence, que les monsieur lambda bêta et gamma sont rentrés dans le jeu. Ça fonctionne. Comme des petits pains. C'est bon les petits pains.

Personnellement, j'ai mis du temps à comprendre. Quelque jours avant l'illumination, je faisais encore une énième erreur. C'est que, pour que cela devienne une évidence, il faut pouvoir ressentir le résultat, entendre, voir, toucher. Et puis c'est dur à admettre, on voudrait faire l'autruche et continuer dans sa lancée, pour justifier ses centaines d'achats passés. Mais il faut s'y résoudre. Les Flaques, les 3 Mémés Pépés, nos zipouds, nos arc-en-ciels enfermés sur des tranches plastique qu'il faut observer au microscope laser, tout ça c'est de la gnognote. Tout ça c'est du Mickey enfermé dans sa baignoire. Has-been. Ringard. Laissons place au progrès, soyons absolument moderne.
 
VIVE LE VINYLE

Une galette sonore. Une tarte musicale. Une soucoupe bruyante extraterrestre, une succession miniature de montagne, de ravin, la chaine de l'Himalaya en panorama noir. Des toiles d'artistes qui se réjouissent de s'exposer sur votre bibliothèque, ou de danser sur votre platine.
Ca vous réchauffe un salon.
Il y a une face de plus que sur un CD, alors quand c'est finis, on retourne, et ça continue.
Avec un CD, y'a plus qu'à changer.
Il y en a plein dans les vides greniers ou nos propres greniers.
Hello, I Love You est mieux en accéléré
Après on ne peut plus s'en passer.
Ca fait mieux dans un grenier
VIVE LA MODERNITÉ
VIVE LE VINYLE
VIVE LA MACHINE A ÉCRIRE

22 novembre 2011

Un hiver à Jerusalem

" fais théâtre sans pièces. exhibe. les morceaux de la prose du monde"

J'partais voir une chic pièce de théâtre, sur la fragilité du vide et les beautés éphémères, d'un type bien, qui fait pas qu'dire, qui fait un peu aussi (François Tanguy). Puis, partie de la mise en scène quotidienne, j'suis tombée sur un ticket tout frais, un billet express pour une rencontre étonnante...

Vendredi 18 novembre. 19:30. Rennes.
« C'est pour Jerusalem?  Par ici. »
Une nana, pas bien plus grande que 3 pommes, s'incorporait, de tout son réel, de tout son ici, dans les images bien lointaines, d'un avant, d'un ailleurs. 
Elle, au milieu des rayons d'image, elle paraissait en être. Sa voix, pouvait être ici autant que là bas, en Israël...pendant exactement 56 minutes, le même temps que peut durer une de ces opération 
Jerusalem Plomb Durci, 
la voilà s'esclaffant, saisie de toute part par les contradictions interminables, d'une dictature émotionnelle...
« 6 millions, 6 millions d'enfants juifs sont morts dans les camps »; et chaque année, les plus jeunes célèbrent, la mort et la tristesse,sur cette terre que les anciens sont prêts à bouffer chaque matin pour la souffrir. -  enterrer les cadavres sous les cadavres pour faire place aux prochains.  cadavres.

Ils sont pas beaucoup, deux exactement. Lui – Xavier Klaine - Elle - Ruth Rosenthal. Eux - la WINTER FAMILY. Ils se voyagent pas mal, et s'invitent, dans les églises, les chapelles et les cryptes. C'est là, dans ces lieux aux acoustiques célestes, que commence la messe subversive... Du coup, c'était un peu normal, d'aller à leur concert un dimanche, dans notre église à nous, un bar à Bascule, où la musique hallucinée a déjà fait effondrer quelques murs. Le transport est violent, sucré, feutré...une invitation au voyage sensuel de nos corps en transe... peut être qu'il ne suffit pas de les écouter, mais c'est souvent le cas, sauf musique transgénique, pour comprendre. Enfin, évidemment, ce n'est pas un peut être, le théâtre ne s'écoute pas dans une oreillette, et la musique ne se regarde pas avec des boules quiés.