23 juillet 2011

Fuck Funk Phoque

Funk
Nom masculin invariable
(argot américain signifiant "odeur désagréable")
~
Style de rock noir apparu vers 1970 (James Brown, Sly Stone, Stevie Wonder)



Je n'y connais pas grand chose en Funk.  Larousse non plus d'ailleurs... Je sais simplement que la founke (comme beaucoup disent malgré la définition laroussienne) doit faire bouger tous les membres du corps (cerveau compris). Quand on écoute (ou qu'on joue) du funk, on ne peut pas s'empêcher d'être excité, de se mouvoir de façon à ce que toute cette incroyable énergie musicale émerge de nous et aille contaminer les autres. C'est ça le funk pour moi : de l'énergie à n'en plus finir. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Dumpstaphunk en a un sacré stock.
Sheez Music donne parfaitement le ton et ne laisse pas une seconde à l'auditeur pour s'asseoir sur son siège et écouter le CD tranquillement. Lève Toi ! Bouge ! Sa reprise est également excellente. Comme Paper Chasing Britney, improbable instrumentale de 8 minutes et 31 secondes et qui arrive à nous captiver de bout en bout. 
     Comme Gasman Chronicles, où clavier, guitare, basses, batterie et voix s'entendent parfaitement pour donner un pur moment de groove comme on en écoute rarement.
             Comme Do Ya, plus classique, compacte et au rythme "saccadé", pour encore mieux nous faire bouger la tête.
                      Comme tout le reste de l'album finalement.
Alors avis à ceux qui s'ennuient, à ceux chez qui il pleut, à ceux qui veulent bouger comme jamais et à tous les autres, votre messie est arrivé.

26 juin 2011

Vibracordages



Parce que c'est un des instruments qui attire le plus de gens. Parce que la vibration des cordes produit des sensations magiques. Parce qu'il y a d'autres choses que ces imbéciles qui jouent les jeux interdits. Parce que certains hexacordistes nous font vibrer plus que quiconque. Parce que c'est la base du rock, l'accompagnement de la chanson, mais aussi un des plus beaux instruments du jazz et du flamenco. Parce qu'elle se décline en mille variétés du petit ukulélé aux objets étranges à trois manches. Parce que tout le monde aime la guitare.
Pour ça et pour mille autres raisons, je voulais parler de notre corps qui s'accorde dans ses vibrations aux cordes qui agitent l'air. Parce qu'on en a tous frôlé les cordes un jour.  Elle peut être électrique, elle peut être sèche, elle peut être amplifiée ou ne pas l'être. Plus que le saxophone, plus que le violon et même plus que la contrebasse, tous ont rêvé de pouvoir la prendre et, le plus simplement du monde, transmettre du rêve autour de soit. Car la simplicité de l'instrument nous fait parfois oublier l'infinité de ses subtilités. La guitare. Allant du vieil engin retrouvé dans le grenier du grand père, aux trois cordes restantes désaccordées à la gratte de rêve du magasin de musique du coin, en passant par les débris de fin de concert de celle de Pete Towshend des Qui. La guitare est un mythe, sans conteste l'instrument du siècle. Que l'on aime où que l'on méprise les effets des guitares électriques, que l'on préfère Georges Brassens ou Jimmy Hendrix, on ne peut pas passer à côté. Alors, par pur plaisir, tympon vous offre sa sélection de musiques sans autre point commun que cet instrument, unique, secondaire, principal ou discret. Pour vous en mettre plein les tympans et pour découvrir des nouvelles choses.



14 mai 2011

Fratrie déconnectée

Je vais vous conter l'épopée de deux frères au bout d'un grand lac. Un oreilliste lointain avec qui j'échangeais des pigeons électroniques me fait soudain part de la venue de deux frères déconnectés le soir même dans une usine. Sans attendre, je mets mon baluchon sur le dos et me rends dans les décombres d'un centre commercial. C'est dans ce lieu en ruine qu'a lieu le prélude: 
Quatre jeunes sans prétentions jouent du rock a un public bariolé au milieu d'une exposition de jeunes artistes. On m'offre une cannette d'orge et des saucisses. Et puis je remets mon baluchon sur le dos. L'autre bout du lac m'attend. Après une courte ellipse, voici l'improbable usine. Je suis le premier, je prends une bière, puis une jolie galette laser auprès des frères Bishop. Tout le monde s'assied devant un écran, à regarder la photo du "handsome stranger". Il y a des tapis par terre, des guitares et deux chaises en dessous de l'écran. Puis le film:
Une multitude d'expérimentations sonores et visuelles. Parfois des musiques. Puis le grand Gocher devant un écran représentant le grand Gocher devant un écran représentant le grand Gocher devant un écran représentant le grand Gocher devant un écran représentant le grand Gocher... Des images. De la nourriture, de tout. Gocher partout. Et les 40 minutes passent telle cueillette d'une fleur. On sort tout perturbés, tout ébahis. Et personne ne va à Lausanne après le concert. Une fille habite dans un grand appart avec pleins de gens. Si vraiment je n'ai pas de train. Mais le concert commence, ils jouent:
Je me dis que je bosse demain, que je n'ai pas le droit d'être en retard. Les musiques s'enchainent, entre poésie guitarresque et histoires de meurtres d'enfants. Et des blagues. Et des cigarettes qu'ils nous invitent à fumer dedans, en s'en donnant eux même à coeur joie. Ils sont contents de pouvoir fumer dedans ce soir. Ont-ils déjà dit qu'ils aimaient fumer? Quelqu'un veut-il annoncer quelque chose? Il a trois minutes. Qui veut, peut. Allez, à votre place on profiterait. Et fumez vous aussi, la police ne viendra pas. Mais personne ne prend la parole. Tant pis, ils chantent en fumant. Toutes sortes de choses, dont des classiques de Sun City Girls. L'heure du train approche. Je suis tiraillé entre une fatigue extrême et mon envie de rester. Je crains de n'arriver à l'heure au travail demain. Je m'enfuis lâchement dans un désolant sentiment de frustration et de honte. Mon voisin de concert m'a adressé des mots compatissants lorsque j'ai du partir prendre mon train. Alors je me console en mettant des musiciens miniatures dans mes oreilles, pour entendre encore une fois les frères déconnectés et leur pote gocher dans le long convoi de métal. Mais je suis heureux tout de même de ce que j'ai eu.
(Je ne vous fait pas écouter, ces gars là ont déjà  été tymponnés à plusieurs reprises)