22 décembre 2011

Zorya



Tomas Dvorak. Souvenez vous. Il revient avec son deuxième (vrai) album sous son pseudonyme Floex. Alors même si la forme change (ce n'est pas une BO de jeu vidéo), le fond reste intact. Des sons envoûtants mêlés les uns aux autres pour former un tout du plus bel effet mélodique. Le piano qui ouvre cette magnifique épopée apaise notre esprit pour le rendre plus vulnérable aux futurs effets qui vont se rajouter au fur et à mesure de la progression du morceau. Une formidable introduction qui plonge l'auditeur dans le monde de Zorya. Un monde qui ressemble à un brouillard épais mais douillet, flou mais réconfortant. Il suffit juste de se laisser faire par la musique pour en apprécier toute la qualité. On est porté par tous ces éclats sonores qui virevoltent à droite à gauche. Les espaces entre chaque morceau permettent de digérer ce qu'on vient d'entendre, de contempler le monde que l'ont vient de franchir. Et aussitôt, nous voilà repartis dans un nouvel univers. Très semblable au premier, avec toujours cette sensation de bien-être ensorcelant, mais qui possède néanmoins sa propre identité, évitant ainsi un éventuel sentiment de lassitude qui pourrait gâcher tout ce beau spectacle. Des créatures humaines viennent même parfois prêter leurs voix à ce fantastique orchestre.
Bref, un extraordinaire parcours pour la tête et les oreilles, qu'on refera volontiers encore et encore pour en saisir toutes les subtilités et autres résonantes délicatesses.

10 décembre 2011

Nouvelle tentative de noisissure

NOISE

Substantif féminin.                                                 C'est de la musique, c'est une musique.

Peut-être que ça vient du latin nausea, mal de mer, envie de vomir.
Parfois nous avons la nausée
il faudrait se sortir de cela
s'y confronter entièrement
et le dépasser à toute vitesse
Et puis en provençal, chagrin, affliction, ennui.
Parfois nous nous ennuyons
molle réalité sans enjeu
alors l'ivresse sonore
c'est de la vie servie sur un plateau
Ce qui donne en français, querelle, bruit, tumulte, tapage, dispute
Une dispute en musique
du bruit pour couvrir le bruit
du tapage dans les neurones
c'est l'harmonie qui nous tend le poing

Alors on dit,
Chercher (des) noise(s) à quelqu'un (à propos de quelque chose). Chercher querelle à quelqu'un. Quereller.

Comme on pourrait dire,
Chercher noise aux conservateurs réactionnaires vieux cons classiques.
Chercher des noises aux âmes sensibles effrayés par la puissance du monde.
A propos des limites du réel, des freins létaux, de ce qui nous retient prisonnier.
Chercher querelle à soi même, ennuyant ennuyeux ennuyé.
Quereller tout ce qui est là, pour accueillir l’ailleurs.

Et il y en a qui disent,
Hardi, querelleur, cherchant noise; c'est un drôle qui n'a pas peur, tout prêt à faire feu sur les bleus (Courier, Pamphlets politique, 1819 )

Parce que le chercheur de noise est un querelleur. En avant, il canarde ses jugements, ses sensations, son équilibre. Il tombe, il meurt, il s’autodétruit.

C'est moins tapageur, moins élégant, moins beau, Mais non moins agaçant; Ce grand chercheur de noise se présente aujourd'hui d'une façon bourgeoise
(Barbier, Satires, 1865)

Parce que c'est sur, c'est à la mode, la nouvelle bourgeoisie musicale, branché underground hipster bobo.

Et puis parfois c'est mauvais, ça cherche noise pour noisettes, ça susciter querelle pour un rien .

Mais quand ça parle, fort et là où il faut. Alors oui, et encore oui, et même non pour s'amuser.

Soyons querelleurs, soyons chercheurs de noise !

27 novembre 2011

Modernité



Ça fait 5 ans, me dit le disquaire du coin. 5 ans que ça recommence, que les monsieur lambda bêta et gamma sont rentrés dans le jeu. Ça fonctionne. Comme des petits pains. C'est bon les petits pains.

Personnellement, j'ai mis du temps à comprendre. Quelque jours avant l'illumination, je faisais encore une énième erreur. C'est que, pour que cela devienne une évidence, il faut pouvoir ressentir le résultat, entendre, voir, toucher. Et puis c'est dur à admettre, on voudrait faire l'autruche et continuer dans sa lancée, pour justifier ses centaines d'achats passés. Mais il faut s'y résoudre. Les Flaques, les 3 Mémés Pépés, nos zipouds, nos arc-en-ciels enfermés sur des tranches plastique qu'il faut observer au microscope laser, tout ça c'est de la gnognote. Tout ça c'est du Mickey enfermé dans sa baignoire. Has-been. Ringard. Laissons place au progrès, soyons absolument moderne.
 
VIVE LE VINYLE

Une galette sonore. Une tarte musicale. Une soucoupe bruyante extraterrestre, une succession miniature de montagne, de ravin, la chaine de l'Himalaya en panorama noir. Des toiles d'artistes qui se réjouissent de s'exposer sur votre bibliothèque, ou de danser sur votre platine.
Ca vous réchauffe un salon.
Il y a une face de plus que sur un CD, alors quand c'est finis, on retourne, et ça continue.
Avec un CD, y'a plus qu'à changer.
Il y en a plein dans les vides greniers ou nos propres greniers.
Hello, I Love You est mieux en accéléré
Après on ne peut plus s'en passer.
Ca fait mieux dans un grenier
VIVE LA MODERNITÉ
VIVE LE VINYLE
VIVE LA MACHINE A ÉCRIRE